Comprendre & se débarrasser de l’acné adulte

1 Mai 2022Beauté, Santé

Cet article, j’ai voulu l’écrire de nombreuses fois. Qu’est-ce que l’acné de l’adulte, comment le soigner, qu’est-ce qu’on peut faire pour s’en débarrasser ? Mais c’est compliqué. Compliqué parce que la plupart d’entre nous souhaite une solution immédiate. Je préfère vous prévenir tout de suite, cette solution n’existe pas. Traiter l’acné adulte pour de bon est un travail de fond et « cacher la misère » avec des solutions hardcores ne fera que retarder l’échéance et si tout va bien, amplifier le problème. Je vous explique tout…

 

L’inflammation

L’acné adulte est la résultante d’un taux d’inflammation élevé. Nous n’avons pas tous de l’acné néanmoins, nous avons tous déjà connu l’inflammation. Cette sensation désagréable d’échauffement accompagné de rougeurs… vous voyez certainement de quoi je parle. Mais ici, je parle surtout d’inflammation chronique: c’est une inflammation douce, silencieuse et invisible (enfin presque!). L’inflammation chronique est la cause de nombreuses maladies

Au niveau de la peau, l’inflammation chronique peut se traduire par diverses dermatoses dont fait partie : l’acné, qui touche environ 6 millions de personnes en France. Si l’acné touche en grande partie les adolescents (notamment à cause des hormones en ébullition), 25% des adultes sont également touchés, dont 61% de femmes. L’inflammation chronique n’a jamais été aussi élevée et les adultes n’ont jamais autant souffert d’acné. Le lien de cause à effet a bien sûr été établi par diverses études…¹

L’approche conventionnelle

Malheureusement, l’approche conventionnelle (c’est-à-dire celle des médecins et dermatologues) considère que l’acné est un problème … de peau. En effet, le rôle du médecin n’est pas de trouver la cause mais de soigner les symptômes. C’est pour cette même raison, qu’ils prescrivent des crèmes décapantes ou le fameux Roaccutane pour but de réduire au maximum les glandes sébacées afin qu’elles ne produisent plus de sébum mais aussi des antibiotiques pour détruire les bactéries… Autre solution, la pilule contraceptive. Laissez moi rigoler. Des médecins prescrivent des pilules contraceptives car certaines formes d’acné chez la femme et l’adolescente sont dues à une trop grande production d’hormones androgènes. En effet, les pilules de 3eme et 4eme génération agissent sur l’hypophyse permettant de diminuer la production d’androgènes par les ovaires et ainsi réduire l’apparition d’acné.

Sauf que un, le sébum fait partie intégrante de notre barrière hydrolipidique : notre protection naturelle et agit comme un bouclier contre les pathogènes de même que les bonnes bactéries indispensables notre microbiote cutané. En toute logique, il serait donc plus intéressant d’augmenter le nombre de bonnes bactéries sur la peau pour éradiquer les mauvaises plutôt que de tout détruire et les laisser la porte ouverte aux pathogènes.

Et deux, selon les recommandations du PRAC ², il faut absolument restreindre l’usage de la pilule pour soigner l’acné. De plus, l’arrêt ou le changement de pilule va engendrer un gros déséquilibre hormonal qui va se traduire par, je vous le donne en mille, un renforcement de l’acné. Quelle idée saugrenue quand on sait que la pilule contraceptive augmente significativement le risque de cancer du col de l’utérus. ³

    En tout cas, si les problèmes de peau sont « visiblement atténués » grâce aux méthodes conventionnelles, le problème sera loin d’être résolu puisque dès que vous arrêterez les traitements, vos problèmes réapparaitront de plus belle avec un renforcement de l’acné… Comme le dit la Haute autorité de santé, ses traitements ne guérissent pas l’acné.

    L’approche holistique

    Personnellement, je prône une approche holistique, approche qui considère un individu dans sa globalité. Evidemment, en cas d’acné adulte, il faut s’investir et rechercher les causes de l’inflammation. L’Acné n’est pas la cause de l’inflammation , c’est une réponse inflammatoire. C’est un signal d’alerte, une information que votre peau vous envoie. Plus vous aurez d’acné, plus votre niveau d’inflammation sera élevé. Il est donc essentiel de faire le lien avec d’autres symptômes dans votre corps (par exemple : maux d’estomac, thyroïde en vrac, eczéma, psoriasis, syndrome prémenstruel, allergie, sinusite …etc , tous les petits et gros inconforts qui passent parfois inaperçu si on ne s’écoute pas ). Faire baisser cette inflammation chronique est votre premier objectif.

      Le bilan sanguin

      Le bilan sanguin est une bonne solution pour avoir un premier aperçu de votre état inflammatoire. Dans un premier temps, un docteur peut vous précrire un dosage de la VS (vitesse de sédimentation) et la CRP (protéine C réactive). La CRP est un outil intéressant pour suivre l’évolution de votre état l’inflammation même s’il ne permet pas d’en connaître la cause , ni la localisation.  Pour information, une légère augmentation du taux de CRP est le signe d’une inflammation chronique tandis qu’une grande augmentation sera plutôt liée à une inflammation aigüe.

      D’où vient l’inflammation chronique ?

      Pour faire court, l’inflammation chronique est favorisée par une mauvaise hygiène alimentaire, la sédentarité, la pollution, le tabac, des troubles du sommeil, l’altération du microbiote ou en encore le stress chronique… En gros, tout ce qui constitue notre hygiène de vie impacte sur l’inflammation de notre corps. 

        L’hygiène alimentaire

        On vous rabâche de manger des légumes frais, des bons gras, des protéines de qualité, des aliments à faible indice glycémique… On vous dit qu’il faut éviter autant que possible les produits transformés, qu’il faut boycotter les produits industriels, les sucres raffinés, les additifs, les produits laitiers et baisser votre consommation de gluten… jusque-là rien d’exceptionnel, ce sont les recommandations générales valables pour tout individu qui souhaite prendre son alimentation en main pour sa santé.

        Ok , mais plus concrètement, ils existent des aliments inflammatoires mais aussi des aliments qui contribuent à réduire l’inflammation et ses marqueurs sanguins (voir plus haut dans « bilan sanguin ») comme par exemple les oméga 3 (EPA & DHA) ⁴ , les légumes verts (épinards) les noix, les poissons (saumons, maquereaux, thons, sardines), le curcuma, le gingembre, l’huile d’olive, l’ail, les oignons, les baies (fraise, framboise, … )

        On sait que les aliments à fort indice glycémique contribuent à augmenter l’inflammation. D’ailleurs, il est prouvé que le sucre est un facteur aggravant de l’acné car il stimule les hormones androgènes. Pour faire court, l’insuline stimule la testostérone qui, à son tour, stimule la production de sébum et de cellules cutanées (hyperkératinisation) qui conduit invariablement à l’acné… Il existe des sucrants alternatifs qui ne font pas ou peu monter l’insuline et donc limite la production d’androgènes (j’en parle très souvent sur mon compte instagram.)

        La micronutrition

        Une approche micronutritionnelle peut également être intéressante pour lutter contre l’inflammation et l’acné. Il faut bien sur consulter et agir au cas par cas !  A titre d’exemple, cet apport peut se faire via l’intégration d’acides gras polyinsaturés spécifiques enrichis en SPM (résolvines, protectines, marésines), je ne parle pas de syndrome prémenstruel mais de « Specialized Pro-resolving Mediators ». Ces « SPM » sont des médiateurs produits pour stopper l’inflammation par le corps humain.

        La vitamine E, peut être intéressante, car elle contribue à la protection des cellules contre le stress oxydant, le magnésium si vous êtes anxieux et/ou fatigués , peut être également un piste à explorer. Les probiotiques peuvent être d’une aide exceptionnelle pour lutter contre l’inflammation et contribue à réduire la perméabilité intestinale (un autre des grands symptômes de l’inflammation !). J’en parle un peu plus en détails plus bas. On peut également avoir recours au Zinc ou aux vitamines du groupe B… Je ne développe pas plus car il faut agir au cas par cas en fonction de votre propre situation.

        Au niveau des plantes, la bardane peut être d’une aide incroyable car elle stimule le foie, favorise un bon microbiote grâce à sa richesse en inuline (prébiotique) et fait transpirer pour évacuer les toxines. Tandis que la pensée sauvage est anti-inflammatoire et aide à réguler le sébum. On les trouve en gelule mais on peut aussi les utiliser sous forme de boisson. (Plutôt en décoction pour la bardane et infusion pour la pensée sauvage.)

        La sédentarité

        Il n’y a pas de secret, marcher, s’oxygéner, faire du sport permet de faire baisser le taux d’inflammation. L’exercice physique va libérer dans le sang de l’interleukine-6 et de l’interleukine-10,  deux médiateurs qui jouent un rôle important dans la lutte contre l’inflammation naturellement. 5

        Le Dysbiose

        La dysbiose, c’est altération de notre flore intestinale (microbiote) qui a un lien direct avec la survenu d’acné. En effet, une perméabilité des muqueuses de nos intestins entraîne une fuite des nutriments, des toxines et des bactéries dans le sang provoquant une inflammation générale du corps, ce qui en plus, engendre un « surmenage » des organes émonctoires, dont la peau fait bien sur partie… Au niveau de la peau, cela se caractérise par une augmentation des bacteries pathogènes (proportionnellement aux bonnes bactéries) et notamment par la présence de souches de Propionibacterium acnes , engendrant une augmentation des lipases (sébum) et des protéases (hyperkératiniation).6

        Le stress chronique

        Bien sûr, je ne peux pas parler d’acné et d’inflammation sans parler de stress et d’anxiété. C’est un sujet long et complexe que j’aborderais peut-être plus en détails dans un prochain article. Concrètement, en état de stress, notre corps réagit en libérant du cortisol, une hormone stéroïde sécrétée par la partie externe de la glande surrénale qui nous maintient en mode « survie ». Le cortisol a un puissant rôle anti-inflammatoire, mais ce n’est pas aussi simple car en cas de stress chronique, notre système immunitaire finit par s’adapter et résister à l’action du cortisol. Notre niveau de résistance augmente et l’action anti-inflammatoire est alors moindre jusqu’à l’épuisement généralisé et une inflammation encore plus importante.

        L’implication du stress dans la survenu d’acné est également lié par la présence de cellules nerveuses près des glandes sébacées qui produisent un neuropeptide (la substance P) libérée sous l’effet du stress qui stimule la production de sébum7 . Nos niveaux de stress peuvent aussi engendrer une surproduction d’androgènes, encore elles, qui peuvent encore faire empirer notre acné… Vous vous en êtes forcément rendu compte, lors d’un stress important , vous avez les mains moites, vous avez le cœur qui se met à battre plus rapidement, vous transpirez et bien vous sécrétez aussi plus de sébum … Pour gérer son anxiété, il faut établir un cheminement personnel, un véritable travail sur soi-même. Heureusement, aujourd’hui on parle beaucoup de gestion de l’anxiété et pleins de techniques pour mieux gérer et évacuer le stress. On parle beaucoup de yoga, de méditation, de cohérence cardiaque (technique de respiration profonde). On utilise aussi la phytothérapie, les plantes adaptogènes , le CBD , ou encore les huiles essentielles… Je vous parlerais de gestion du stress dans un prochain article …

          J’espère que cet article vous aura donné quelques pistes intéressantes pour comprendre votre acné et trouver des pistes pour vous en débarrasser de manière pérenne. Si vous avez des questions , n’hésitez pas à commenter sous l’article ou via mon compte instagram.

          xx Emilie.

          ___

          SOURCES

           

          • 1 – Société française de dermatologie. (ici)
          • 2 – Pharmacovigiliance risk committee (ici)
          • 3 – Cancer risk among users of oral contraceptives: cohort data from the Royal College of General Practitioner’s oral contraception (ici)
          • 4 – Effects of selected bioactive food compounds on human white adipocyte function (ici)
          • 5 –Anti-inflammatory effects of exercise: role in diabetesand cardiovascular disease (ici )
          • 6 – Revue médicale Suisse, le microbiote cutané. (ici)
          • 7 – The role of substance P in stress & anxiety response. (ici)

          0 commentaires

          Soumettre un commentaire

          Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

          Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.